TEMPLES VOLCANO ALBUM MUSIQUE

Si vous étiez sur la planète Terre ces derniers jours, vous avez pu remarquer que le temps s’est agréablement calmé, délaissant la pluie qui caresse nos joues (et le mascara) pour nous proposer un soleil défiant toute concurrence. Cette fin d’hiver promet un printemps plus que prometteur. On ressort les lunettes de soleil, les chemises hawaïennes, 100% approuvées sur mon Instagram. L’occasion parfaite pour écouter des albums plus doux et reposants que d’habitude. Troc du métal contre du spirituel donc, j’avais envie de m’évader et de ralentir mon pas. C’est ainsi que mon regard s’est dirigé vers Temples, groupe britannique qui vient de sortir son nouveau projet le 3 mars dernier. Attardons-nous sur ce petit bijou neo-psyché nommé Volcano.

Le morceau Certainty ouvre donc ce bal édulcoré. Je m’imagine immédiatement dans un univers qui mixerait architecture à la Française et Voix Lactée. Un monde lunaire orchestré par les clavecins. Mais ne vous démontrez pas : Volcano n’est pas un album joyeux, comme pourrez le laisser entendre les mélodies toutes droit sorties d’un animé fantasy. En témoigne le clip vidéo réalisé pour ce single :

Complètement perché, me direz-vous. C’est exactement ce qui me plait chez ce groupe. Originaire de Kettering en Angleterre, ils ont auto-produit leur premier album Sun Structures, sorti en 2014. Il avait été applaudi par la presse, la critique spécialisée, et les fans de neo-psyché. On peut en effet reconnaître des inspirations notables d’autres formations comme Tame Impala et leur Currents, la folie de Foxygen, l’originalité de MGMT ou encore la technicité de Jagwar Ma. Volcano, auto-produit également, confirme une nouvelle fois l’étendue du talent de Temples. Ajouts de dimension épique, d’instruments plus cristallins, de riffs que je trouve très bien maîtrisés … les morceaux s’enchaînent mais ne se ressemblent pas.

L’intensité est modulée, comme sur le second morceau All Join In qui résonne comme un conte des mille et une nuit. Vient ensuite (I Want To Be Your) Mirror, un de mes coups de coeur de Volcano. Tout y est. Il donne davantage de pep’s à l’album, qui s’annonce déjà spécial (dans le bon sens du terme). La basse de Thomas Walmsley vibre dans mon casque, lui-même séduit par ce qu’il est en train d’écouter. Puis vient ce refrain, aux suites d’accords que j’adore. Je me crois alors à Versailles, ou dans un champ de coquelicots. Surgit alors de nulle part un break magistral, qui achève. Et si seulement. Le morceau suivant, Oh The Saviour et son intro féérique viennent me susurrer à l’oreille. Une balade moderne et fraiche menée à la perfection par James Bagshaw, chanteur et guitariste principal du groupe. Ca y est, me voilà conquise une nouvelle fois. Ces deux morceaux passent en boucle dans ma playlist du mois. Je remarque de suite que Volcano se veut être beaucoup plus mesuré mais pas moins abouti, bien au contraire. Temples propose autre chose, un savant mélange des genres. On passe du rock par le psyché en passant par l’indie, le néo-électro. On ne sait où donner de la tête, et c’est exactement ce que je recherche lors d’une écoute d’un album en général.

TEMPLES VOLCANO MUSIQUE ALBUM GROUPE

Certains titres comme Born Into The Sunset ou How Would You Like To Go font très Tame Impala, j’ai parfois du mal à différencier le style plus brut et natif de Temples. Heureusement pour nous, d’autres rattrapent ce petit bémol et nous proposent de la nouveauté, comme le tonitruant In My Pocket, qui dynamise Volcano qui commençait un peu à s’essouffler. Un titre spatial que pourrait très bien remixer Justice, d’ailleurs. Pourquoi pas une collaboration future? Oui, je lance des idées comme ça, allez hop, en veux-tu, en voilà. Celebration vient définitivement réveiller les troupes, accompagné par le batteur Samuel Toms et une flûte traversière qui fait son effet. On se croirait dans un rêve, en plein milieu de la forêt de Brocéliande en train de danser avec des lutins. Non, je vous assure que je n’ai rien fumé d’illicite. Cette impression de mythe éveillé se confirme avec Mystery Of Pop. Bonne humeur et danse assurées, je me dandine dans le métro à son écoute. Et puis vient un retour aux sources évident avec Roman God-Like Man. Un morceau très 80s aux teintes plus rock, grèges et sauvages qui nous évoquent le premier album, qui a atteint la 7ème place des charts britanniques lors de sa sortie il y a maintenant trois ans. Le titre Strange Or Be Forgotten vient ajouter une couche à la pièce (très bien) montée de Volcano. Son refrain puissant et ses arrangements complexes expriment un désir de finitions plus qu’exemplaire.

Volcano est une véritable fable musicale à écouter sans modération. Je vous invite vraiment à vous intéresser à ce groupe, qui fait déjà partie de cette nouvelle scène qui monte rapidement. Après un Sun Structures incisif et brutal, Temples revient avec un second projet encore plus élaboré. Volcano varie les plaisirs, nous emporte encore plus dans son univers fantasmagorique. On y découvre des Temples mystiques, sachant dompter leurs facultés avec brio. Et si vous avez envie de découvrir ce groupe en live, ils passent à l’Elysée Montmartre le 24 avril (et j’y serai)!